Aujourd’hui, je te propose de découvrir le parcours de Johanne Parent, qui accompagne les chiens et leurs humains depuis 1987.
De ses premières expériences à l’évolution de sa pratique, Johanne revient sur les rencontres et les apprentissages qui ont façonné sa manière de travailler. Elle nous parle de communication, d’émotions, de repos et de la place essentielle de l’humain dans l’accompagnement de son chien.
À travers ses réponses, elle nous invite à observer davantage, à prendre le temps de comprendre et à avancer étape par étape. Une occasion de découvrir son regard sur la relation entre le chien et sa famille.
Mon nom est Johanne Parent et j’ai commencé comme promeneuse de chiens et éducatrice canine en 1987. À l’époque, j’utilisais ce que les éducateurs d’aujourd’hui considèrent comme du traditionnel : laisse et collier chaînette, mais toujours avec du renforcement positif, par la voix et le jeu. C’est de cette façon que j’ai payé mes études en techniques équines. Grande passionnée de chevaux, je me destinais au métier équestre, mais j’ai finalement bifurqué dans le domaine canin à temps plein.
En 1991, j’ai assisté à une conférence du Dr Ian Dunbar, acheté tous ses livres et VHS, et je me suis orientée vers le leurre, dans l’approche de Sirius Puppy Training. À la même époque, je me suis initiée au clicker training avec Jean Donaldson et Jacinthe Bouchard, ainsi qu’au Tellington TTouch avec les chevaux et les chiens, à travers quatre ateliers d’une journée.
Mon parcours inclut aussi une formation anglophone de Dog Obedience Trainer Instructor, la formation CCPC — Certification Cyno Professionnelle Canadienne — offerte au Québec, ainsi qu’une formation spécifique en comportement canin avec l’éthologue Richard Beaudet, MSc, et son élève Daniel Charbonneau.
Je n’aime pas le terme « comportementaliste », car il est galvaudé et utilisé un peu n’importe comment au Québec. Je préfère utiliser le terme plus généraliste de « spécialiste en comportement canin ».
Ma toute première Eurasier m’a menée vers le chemin du comportement, car elle était sensible et avait sa manière bien à elle de m’ignorer pour me faire comprendre que je n’agissais pas de la bonne façon avec elle.
Je me suis mise à lire des bouquins anglophones et à chercher toutes les informations possibles sur le comportement canin. Je rappelle qu’au début et au milieu des années 1990, Internet commençait à peine à être disponible pour monsieur et madame Tout-le-Monde.
Il y en a eu plusieurs ! Chaque chien avec lequel je travaille depuis plus de 35 ans m’apprend quelque chose. Je me remets constamment en question et je reste ouverte à de nouvelles approches.
Il y a eu deux Eurasiers importés à l’âge adulte : un mâle que j’ai rééquilibré en un an, car il mordait dès qu’on tentait de toucher son collier, puis une femelle avec des troubles anxieux qui fuyait tous les types de contacts avec les humains.
Il y a eu aussi ce Dalmatien réactif aux bruits, qui agressait toute personne ou tout animal près de lui quand son émotion plafonnait.
Je pourrais continuer ainsi avec des dizaines d’exemples…
Mon but a toujours été de favoriser l’intégration familiale du chien sans jamais lui nuire, ni nuire à sa famille humaine.
Trouver des solutions viables pour les deux parties, afin de favoriser la cohabitation de tous les membres du groupe familial.
Pour moi, l’éducation, c’est apprendre au chien et à ses humains comment communiquer et apprendre les codes de conduite dans un monde purement humain, avec ses contraintes et ses intolérances.
Tandis que la modification d’un comportement problématique repose sur l’orientation vers un comportement plus acceptable pour sa famille, tout en équilibrant le niveau émotionnel du chien menant au trouble comportemental.
100 % !
On ne peut pas modifier un comportement ou favoriser un apprentissage sans prendre en compte l’émotionnel.
Les chiens qui tirent en laisse lors des promenades, qui aboient après les passants devant chez eux, qui sautent sur les gens ou qui sont réactifs, majoritairement par peur ou frustration.
La réactivité, car les gens sont rarement stables eux-mêmes. La constance et la stabilité émotionnelle sont indispensables dans ce type de rééducation.
Pourquoi ? Qu’est-ce qui déclenche ce comportement, cette émotion ?
Totalement. Soit la non-écoute de l’émotion du chien et/ou le manque de contrôle de l’émotion de l’humain.
C’est la raison pour laquelle je ne fais pas de consultation Zoom en comportement… car sur Zoom, on ne voit pas, ou difficilement, les micro-signaux des chiens. Le langage corporel en dit long…
Sauter les étapes et vouloir un chien parfait en trois semaines, hahaha !
Le manque de compréhension, d’observation et d’écoute du langage de leur chien est l’erreur la plus fréquente. Le manque de constance dans leur propre comportement humain aussi.
Toute. Sans l’accompagnement de son humain, le chien ne pourra pas s’améliorer.
Il y a des éducateurs qui effectuent le travail en pension et retournent ensuite le chien chez son humain. Mais si l’humain ne s’implique pas, le chien retourne rapidement vers ses anciens comportements inadéquats.
J’explique et je réexplique. Rome ne s’est pas bâtie en un jour. Même un enfant surdoué n’obtiendra pas son diplôme universitaire à cinq ans !
Il faut laisser le temps au temps et avancer étape par étape pour consolider les apprentissages.
Non. Du moins, c’est difficile d’obtenir un résultat solide et à long terme, car la grande majorité des problèmes sont liés à l’humain qui vit avec le chien.
Ouf… Le chien a besoin de périodes de calme et de sommeil. À mon avis, la surstimulation crée encore plus de problèmes que la sous-stimulation.
Une grande importance. Aucun animal, aucun humain ne peut vivre en surstimulation continuelle.
Je pense que les trois plus grosses idées reçues en 2026 sont les suivantes. Voici ce que je souhaite rappeler à leur sujet :
• Un chien hyper n’a pas besoin de plus de stimulation. Il a besoin d’apprendre le calme et la détente.
• Un chien réactif n’est pas un chien agressif dans la grande majorité des cas. C’est un chien qui n’a pas appris à gérer ses émotions.
• La socialisation, ce n’est pas aimer tous les chiens et tous les gens qu’on rencontre.
Un pas à la fois. Développer un lien avec son chien avant de se lancer en obéissance.
Constance, Attitude, Empathie.
Je prépare actuellement le lancement de mon podcast, prévu pour janvier 2027 !
Le projet est encore en construction, mais ma page Facebook a déjà été créée pour l’accompagner. Le podcast sera également disponible sur d’autres plateformes.
En vous abonnant dès maintenant, vous pourrez suivre les préparatifs et découvrir les premiers épisodes lors de leur sortie !
Retrouve Johanne sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069552362284&locale=fr_CA
J’ai particulièrement apprécié de découvrir ton parcours, l’évolution de ta pratique et cette volonté de continuer à apprendre auprès de chaque chien.
Tes réponses rappellent combien l’observation, la patience et l’implication de l’humain comptent pour construire une relation plus sereine avec son compagnon. La place que tu accordes aux émotions et au respect du rythme du chien fait écho à des valeurs qui me tiennent à cœur dans mon métier.