La mastication occupe une place importante dans la vie du chien. Pourtant, elle est encore trop souvent considérée comme une simple manière de l'occuper pendant quelques minutes.
Mâcher, ronger, déchiqueter et manipuler avec la gueule font partie du répertoire comportemental naturel du chien.
Du chiot qui explore son environnement au chien senior dont la dentition devient parfois plus fragile, la mastication peut accompagner le chien tout au long de sa vie, à condition de choisir des produits adaptés.
Oreilles, peaux séchées, nerfs, trachées, sabots, cornes, bois, racines ou encore fromages à mâcher : l'offre est aujourd'hui immense.
La dureté, la taille, la digestibilité, la richesse calorique et surtout la manière dont votre chien mastique doivent toujours être prises en compte.
Répondre à un besoin comportemental naturel : Le chien utilise sa gueule pour interagir avec son environnement.
Chez le chiot, cette exploration orale est particulièrement importante. Chez l'adulte, la mastication reste une activité intéressante permettant au chien d'exprimer certains comportements naturels dans un cadre approprié.
Plutôt que de chercher uniquement à empêcher le chien de mâcher, il est donc intéressant de lui apprendre ce qu'il a le droit de mâcher.
Pour beaucoup de chiens, une activité de mastication calme et prolongée constitue une occupation intéressante.
Après une promenade, une séance éducative ou une période d'excitation, certains chiens apprécient de se poser avec quelque chose à ronger.
Cela peut participer à un retour au calme.
Mais attention aux raccourcis.
Si votre chien détruit systématiquement lorsque vous partez, vocalise, panique ou présente d'autres signes importants de mal-être, lui donner une oreille de bœuf avant votre départ ne permettra pas nécessairement de résoudre la cause du problème.
Mastiquer demande de la concentration et mobilise le chien autrement qu'une activité physique. C'est particulièrement intéressant lorsqu'on cherche à varier les activités proposées au quotidien. Mais la mastication doit rester une activité complémentaire.
Elle ne remplace pas les activités mentales et physique qui sont nécessaires aux chiens.
Un chien qui reçoit quotidiennement des produits à mâcher mais ne bénéficie pas de sorties adaptées n'a pas pour autant tous ses besoins satisfaits.
On entend parfois qu'une mastication doit être très dure pour nettoyer correctement les dents. C'est une vision trop simpliste. Certaines mastications peuvent effectivement exercer une action mécanique pendant que le chien les travaille.
Mais une mastication très dure peut également endommager une dent. Sabots, certaines cornes, bois de cerf et autres matériaux extrêmement résistants nécessitent donc davantage de prudence.
La mastication ne remplace pas non plus la surveillance régulière des dents.
Il existe une diversité impressionnante de produits. Leur disponibilité et leur composition peuvent varier selon les fabricants.
Voici les principales familles :
Oreille de lapin : Fine, légère et relativement facile à travailler.
Elle peut être intéressante pour :
* les petits chiens
* certains chiots lorsque le produit est adapté
* les chiens peu expérimentés
* les chiens appréciant les mastications courtes
Certaines sont vendues avec les poils.
Oreille d'agneau : Généralement fine et moins imposante qu'une oreille de bovin. Elle constitue une alternative intéressante pour varier les protéines et les textures.
Oreille de chèvre : Souvent relativement fine et légère. Elle peut constituer une mastication intermédiaire selon le produit.
Oreille de porc : Très appréciée de nombreux chiens. Elle est généralement assez appétente, mais peut être relativement riche. Elle doit donc être intégrée intelligemment dans l'alimentation globale du chien.
Oreille de bœuf : Plus grande et souvent plus résistante. Elle existe également avec ou sans poils.
Oreille de buffle : Souvent plus épaisse et résistante que certaines oreilles plus légères. Elle peut convenir aux chiens ayant déjà l'habitude de mastiquer.
Les peaux représentent une immense famille de mastications.
* peau de bœuf
* peau de tête de bœuf
* peau de buffle
* peau d'agneau
* peau de chèvre
* peau de lapin
* peau de cheval
* peau de cerf
* peau de sanglier
* peau de poisson
Le niveau de résistance dépend énormément de l'épaisseur, du séchage et de la transformation.
Peau de tête de bœuf : Elle est particulièrement connue pour sa résistance. Elle peut convenir aux chiens qui aiment ronger longuement.
Choisissez toujours un morceau suffisamment grand pour éviter une ingestion rapide.
Peaux de poisson : Saumon, morue ou autres poissons peuvent être proposés sous différentes présentations : peaux roulées, torsadées ou séchées.
Elles permettent notamment de varier les protéines et les textures.
Nerf de bœuf : Un grand classique de la mastication canine. Il existe sous différentes formes : court, long, fin, épais ou torsadé.
La durée de mastication dépend énormément du diamètre et de la puissance du chien.
Tendons de bœuf : Ils peuvent offrir une texture différente, généralement moins minérale que les sabots ou les cornes. On trouve également selon les commerces des tendons provenant d'autres espèces.
Trachée de bœuf : La structure particulière de la trachée offre une expérience différente d'une peau épaisse. Elle peut être proposée entière ou en morceaux. Elle peut également servir de support à garnir avec une alimentation appropriée.
Trachée d'agneau ou autres petites trachées : Le principe est similaire, avec des dimensions différentes. La taille du produit doit toujours être adaptée au chien.
De nombreux produits moins connus peuvent également être commercialisés comme friandises de mastication :
* œsophage de bœuf
* poumon séché
* estomac ou panse séchée
* museau de bœuf
* scalp ou cuir chevelu de bovin
* queue séchée
* cous de volaille séchés
* pattes de volaille séchées
⚠️ Leur résistance et leur intérêt comme véritable mastication longue durée sont très variables. Certains sont davantage des friandises à mâcher quelques instants que des supports destinés à une longue occupation.
La présence d'os dans certains produits demande également une vigilance particulière.
Les sabots sont très appréciés parce qu'ils peuvent durer longtemps et qu'ils sont souvent creux, ce qui permet de les garnir.
Mais il faut connaître leur principal inconvénient : ils sont très durs. Cette dureté augmente le risque de traumatisme ou de fracture dentaire chez certains chiens.
Sabot de bœuf : C'est le plus répandu. Il peut être proposé vide ou garni avec une alimentation adaptée. Il est plutôt destiné à un chien adulte ayant une dentition saine et qui ronge progressivement.
Sabot de veau : On peut également trouver des sabots provenant de jeunes bovins. Leur taille peut être différente, mais il ne faut jamais supposer qu'un sabot plus petit est automatiquement plus adapté à un petit chien. La dureté reste à prendre en considération.
Sabot de buffle : Très résistant et destiné davantage aux chiens expérimentés. La résistance ne doit pas devenir un objectif en soi.
Sabot de mouton : Plus petit lorsqu'il est disponible. La petite taille peut au contraire devenir problématique pour un grand chien susceptible de l'avaler.
Sabot d'agneau : Selon les produits commercialisés, il peut être plus petit. Il faut vérifier qu'il soit suffisamment grand pour le chien concerné.
Sabot de chèvre : Autre possibilité rencontrée dans le commerce spécialisé. Il faut appliquer exactement les mêmes règles : taille adaptée, surveillance et observation de la manière de mastiquer.
Les cornes sont elles aussi des mastications très résistantes. On rencontre principalement :
Corne de buffle : Probablement l'une des plus courantes. Elle peut durer longtemps, mais sa grande dureté nécessite une surveillance particulière.
Corne de bœuf : Selon sa préparation, sa taille et son épaisseur, elle peut constituer une mastication particulièrement résistante.
Corne de vache : Le terme est également fréquemment utilisé commercialement pour désigner certaines cornes bovines.
Corne de mouton : Plus petite et de forme différente selon le produit.
Corne de chèvre : Elle peut également être proposée comme support naturel à ronger.
Mon conseil concernant les cornes : Ne choisissez jamais une corne uniquement parce que votre chien « détruit tout ».
Un chien très puissant qui tente de casser la corne avec ses molaires peut justement être un mauvais candidat pour une mastication extrêmement dure.
Les alternatives végétales séduisent de nombreux propriétaires. Elles ne sont toutefois pas toutes identiques.
Bois de cerf
Même s'il ne s'agit évidemment pas d'un bois végétal, il est généralement classé commercialement dans les « bois à mâcher ».
Il provient des bois des cervidés. On trouve notamment :
Bois de cerf entier : Très dur. C'est justement cette dureté qui impose beaucoup de prudence vis-à-vis des dents.
Bois de cerf fendu : Le bois est ouvert longitudinalement afin d'exposer davantage sa partie interne.
Il peut sembler plus accessible au chien, mais reste une mastication très dure.
Bois de daim : Autre bois de cervidé rencontré dans le commerce.
Racine de bruyère : Elle est proposée comme alternative végétale à ronger. Sa texture et son usure sont différentes des produits animaux. Il faut choisir un produit spécifiquement préparé et vendu pour les chiens, de taille adaptée, puis surveiller son évolution.
Racine d'arbre à mâcher : Certaines racines commercialisées pour chiens proviennent de végétaux sélectionnés et préparés pour cet usage.
Ne donnez pas pour autant n'importe quelle racine ramassée dans la nature. Une racine inconnue peut être toxique, traitée, contaminée ou produire des morceaux dangereux.
Le bois d'olivier préparé spécialement pour la mastication canine est également commercialisé. Il doit être :
* suffisamment gros
* spécifiquement destiné aux chiens
* contrôlé régulièrement
* retiré lorsqu'il devient trop petit ou trop abîmé
Il est lui aussi commercialisé comme bâton végétal de mastication.
Comme pour le bois d'olivier, il faut utiliser uniquement un produit préparé spécifiquement pour cet usage et surveiller la manière dont il se dégrade.
Je déconseille d'assimiler une branche trouvée dans un parc à un véritable bois de mastication préparé pour chien. Les branches peuvent :
* se fendre
* produire des échardes
* blesser la bouche
* être avalées
* provenir d'une essence problématique
* avoir été contaminées ou traitées
Les fromages de mastication sont devenus extrêmement populaires.
Fromage de yak : Le fameux « fromage de yak » ou bâton de fromage de l'Himalaya est une mastication lactée très compacte. Selon la recette, il est généralement fabriqué à partir de lait transformé puis longuement séché. Il peut durer longtemps chez certains chiens. Mais sa dureté nécessite également de la prudence. Ce n'est pas parce qu'un produit est comestible qu'il est impossible qu'il endommage une dent.
Bâtons de fromage à mâcher : On trouve aujourd'hui différentes recettes inspirées de ces fromages traditionnels.
Avant l'achat, regardez la composition. Tous les « sticks au fromage » ne sont pas équivalents.
Vérifiez notamment : les ingrédients, la teneur en matières grasses, les éventuels additifs, la taille et la dureté.
Attention aux calories : Contrairement à un bois ou une racine, un fromage à mâcher est consommé. Il faut donc intégrer son apport énergétique à l'alimentation quotidienne.
L'âge est un bon point de départ, mais ce n'est jamais le seul critère.
Chiot de 2 à 4 mois
À cet âge, les dents sont fines et la gueule sert énormément à explorer. Privilégiez les textures relativement faciles à travailler :
* oreille de lapin
* oreille d'agneau
* petites peaux adaptées
* peau de poisson
* mastications spécialement conçues pour les chiots.
À éviter
Les supports extrêmement durs tels que :
* sabots
* cornes
* bois de cerf
* fromages très durs
Chiot de 4 à 6/7 mois : changement de dents
C'est souvent une période où l'envie de mâcher augmente fortement. Pour autant, ce n'est pas le moment de donner quelque chose d'incassable.
On pourra notamment envisager :
* oreille de lapin
* oreille d'agneau
* oreille de bœuf relativement fine
* peau de poisson
* trachée adaptée
* peau séchée relativement tendre
* nerf adapté et sous surveillance
La dentition évolue : adaptez régulièrement les produits plutôt que de choisir une solution définitive.
Jeune chien de 7 à 12 mois
Lorsque la dentition définitive est correctement installée, on peut progressivement augmenter la résistance.
Par exemple :
* oreille de bœuf
* nerf de bœuf
* tendon
* trachée
* peau de bœuf
* peau de tête de résistance adaptée
* peau de poisson épaisse
Je resterais prudent avec les supports extrêmement durs, particulièrement chez les chiens qui attaquent les objets directement avec les molaires.
Chien adulte
Chez l'adulte, a façon de mastiquer devient plus importante que l'âge.
Masticateur doux
On pourra essayer :
* oreilles
* trachées
* peaux de poisson
* peaux relativement fines
* tendons
Masticateur intermédiaire
On pourra aller vers :
* nerfs plus épais
* peaux de bœuf
* peau de tête
* grandes oreilles épaisses
* certains produits végétaux adaptés
Masticateur puissant
L'erreur classique consiste à rechercher automatiquement le produit le plus dur du magasin. Or, un chien extrêmement puissant peut justement exercer des pressions considérables sur ses dents.
Il peut être préférable de lui proposer une mastication épaisse et résistante mais progressivement consommable, plutôt qu'une corne, un sabot ou un bois extrêmement dur qu'il tentera de casser.
Chien senior
Chez le senior, il faut réévaluer régulièrement les habitudes. Un produit parfaitement adapté à 4 ans peut ne plus l'être à 11 ans.
Privilégiez selon sa dentition :
* oreilles relativement tendres
* trachées
* peaux de poisson
* peaux plus fines
* tendons faciles à travailler
Les sabots, cornes et bois très durs sont généralement moins intéressants lorsque les dents deviennent fragiles. En cas de maladie dentaire, de dents cassées ou manquantes, demandez conseil à votre vétérinaire.
Une mastication doit être suffisamment grande pour ne pas pouvoir être avalée facilement. Un Chihuahua et un Dogue Allemand ne devraient évidemment pas recevoir le même format.
Mais attention : petit chien ne signifie pas forcément petit masticateur. Certains petits terriers peuvent être extrêmement déterminés.
À l'inverse, certains grands chiens rongent doucement.
Regardez donc :
1. la taille de la gueule
2. la puissance de mâchoire
3. la manière de saisir
4. la vitesse d'ingestion
5. la capacité à arracher des morceaux
Observez la façon dont votre chien mastique. C'est probablement l'un des critères les plus importants.
Votre chien :
* ronge-t-il tranquillement ?
* gratte-t-il progressivement avec les incisives ?
* utilise-t-il fortement ses molaires ?
* cherche-t-il à casser le produit ?
* arrache-t-il de gros morceaux ?
* avale-t-il sans suffisamment mâcher ?
* abandonne-t-il rapidement ?
Deux chiens de même race, du même poids et du même âge peuvent avoir des comportements de mastication complètement différents.
Il n'existe pas de durée universelle valable pour tous les chiens et tous les produits. Une séance courte peut déjà être intéressante.
Le plus important est d'observer :
* l'état du produit
* la fatigue du chien
* son niveau d'excitation
* sa digestion
* ses dents et ses gencives
Il n'est pas nécessaire qu'une mastication dure plusieurs heures pour être intéressante.
Pas nécessairement. Proposer une mastication à certains moments peut permettre de mieux contrôler :
* la quantité consommée
* l'état du produit
* les calories
* la sécurité
Aucune mastication n'est totalement dépourvue de risques.
1. Choisissez la bonne taille
Le produit doit être suffisamment grand pour limiter le risque d'ingestion entière.
2. Surveillez les premières utilisations
Ne partez pas du principe qu'un produit est adapté parce qu'il est vendu pour les chiens. Observez votre chien avec ce produit précis.
3. Retirez les petits morceaux
Lorsqu'un produit devient suffisamment petit pour être avalé d'un seul coup, retirez-le.
4. Attention aux fractures dentaires
Plus un produit est dur, plus il faut réfléchir au rapport bénéfice/risque. Une mastication « indestructible » n'est pas forcément une bonne mastication.
5. Surveillez les éclats et parties coupantes
Cela concerne particulièrement certains sabots, cornes, bois et racines lorsqu'ils vieillissent.
6. Introduisez progressivement les nouveautés
Une nouvelle protéine ou une quantité importante peut provoquer des troubles digestifs chez certains chiens.
7. Comptez les calories
Les oreilles, peaux, fromages et autres produits consommables font partie de ce que votre chien mange.
8. Soyez vigilant avec plusieurs chiens
Une mastication de grande valeur peut provoquer des tensions autour de la ressource. Si vous avez plusieurs chiens, prévoyez de l'espace et une gestion adaptée.
9. Attention aux allergies et intolérances
Un chien sensible à certaines protéines peut également réagir à une mastication issue de cette espèce.
10. Contrôlez régulièrement la bouche
Une dent cassée n'est pas toujours immédiatement évidente.
Si vous remarquez douleur, saignement, mauvaise haleine inhabituelle, difficulté à manger ou changement soudain dans la façon de mâcher, consultez votre vétérinaire.
Il n'existe pas de meilleure mastication universelle.
Pour un chien, une oreille de bœuf pourra être parfaitement adaptée.
Pour un autre, elle disparaîtra en quelques secondes.
Un troisième cherchera à avaler de gros morceaux.
Et un quatrième n'y touchera même pas.
Le bon choix résulte d'un équilibre entre : âge + dentition + taille + puissance + comportement + digestion + alimentation + préférences individuelles.
C'est pourquoi je préfère toujours parler d'une mastication adaptée à un chien plutôt que d'une « meilleure mastication ».
La mastication est une activité particulièrement intéressante à intégrer dans le quotidien du chien. Elle lui permet d'utiliser sa gueule, de manipuler, de ronger et de s'occuper de façon relativement autonome. Et les possibilités sont nombreuses.
Cette diversité permet justement de ne pas proposer systématiquement la même chose. Mais retenez surtout ceci :
la mastication la plus dure, la plus chère ou celle qui dure le plus longtemps n'est pas nécessairement la meilleure.
Le meilleur choix est celui qui correspond à votre chien aujourd'hui, car ses besoins peuvent évoluer avec l'âge.
Un chiot aura besoin de protéger sa dentition en développement.
Un jeune chien pourra progressivement découvrir de nouvelles textures.
Un adulte pourra profiter d'une grande variété de mastications adaptées à son comportement.
Un senior aura parfois besoin de revenir vers des produits plus faciles à travailler.
Enfin, la mastication doit rester ce qu'elle est : une activité complémentaire parmi toutes celles qui participent à l'équilibre du chien.
Elle ne remplacera jamais une promenade riche en odeurs, l'exploration, le jeu, les apprentissages, le repos, les interactions sociales et surtout la relation construite quotidiennement avec son humain.
Contact : 06 74 79 19 78