Aujourd’hui, je vous invite à découvrir une race encore rare et méconnue en France : le Chien du Pharaon.
Pour nous en parler, j’ai eu le plaisir d’interviewer Rudy Dos Santos Marques, éleveur passionné sous l’affixe "Les Gardiens Sacrés d’Hardaï".
À travers cette interview, Rudy nous fait découvrir son parcours, sa passion pour cette race si particulière, son caractère, ses besoins, mais aussi tout le travail réalisé autour de la sélection, de la génétique et de la socialisation des chiots.
Les Gardiens Sacrés d’Hardaï
Le Chien du Pharaon.
Oui.
Je m’appelle Rudy Dos Santos Marques, j’ai 36 ans. Depuis l’âge de 10 ans, je suis passionné par les chiens. C’est donc tout naturellement qu’à la fin de la troisième, je me suis orienté vers la filière canine. J’ai obtenu un BEP et un BAC PRO Élevage Canin et Félin, le diplôme d’ASV (Auxiliaire Spécialisé Vétérinaire) , ainsi que le BP Éducateur Canin.
Aujourd’hui, je suis associé dans une pension canine et féline de 33 places, tout en exerçant également comme éleveur canin.
Je suis spécialisé dans l’élevage du Chien du Pharaon, avec environ une portée par an. Je possède actuellement quatre femelles et trois mâles.
Je travaille dans des élevages et des pensions depuis presque 20 ans, mais j’ai réellement ouvert mon propre élevage en 2019. J’ai découvert le Chien du Pharaon pendant mon BAC PRO Élevage. J’avais alors 18 ans et, à cette époque, il n’y en avait encore aucun en France.
C’est lors d’un voyage d’étude aux Crufts (exposition canine qui se déroule chaque année), en Angleterre, que j’ai découvert cette race. J’en suis immédiatement tombé amoureux. Compte tenu de la difficulté à trouver un Chien du Pharaon, il m’aura fallu attendre 11 ans avant de réussir à acquérir mon premier chien.
D’abord son physique si particulier, qui interpelle immédiatement et donne envie d’en apprendre davantage. Ensuite, son histoire et toute la légende qui s’est construite autour de lui.
Le Chien du Pharaon n’est pas simplement un chien : c’est un monde à part entière.
Et bien sûr, il y a son incroyable caractère, à la fois unique et fascinant, qui ne fait que renforcer ma passion pour cette race.
C’est un chien de chasse primitif, extrêmement jovial et très proche de l’humain. Naturellement sportif, il est capable de véritables prouesses physiques.
Comme les lévriers, il peut se montrer très explosif à l’extérieur tout en étant plutôt calme une fois à la maison. C’est également un chien très social qui possède un véritable besoin d’appartenance au groupe et à la famille. Il a une certaine fierté et demande donc beaucoup de cohérence dans son éducation. S’il estime avoir reçu une sanction injuste, il peut être capable de vous snober, voire de décider volontairement de ne pas coopérer.
Avec un Chien du Pharaon, beaucoup de choses reposent sur la confiance réciproque. La relation se construit dans le respect, la cohérence et la confiance. Une fois ce lien établi, le Pharaon est capable de donner énormément à son humain.
Son lien très fort avec sa famille, sa jovialité, sa solidité physique et sa robustesse générale.
Si vous ne parvenez pas à créer un véritable lien de confiance avec lui, vous aurez beaucoup de difficultés à obtenir sa coopération.
Le rappel peut être délicat, notamment en raison de son instinct de chasse.
Il est également important de lui apprendre progressivement la solitude, car c’est à la base un chien très social qui apprécie la vie en groupe.
Je ne parlerais pas vraiment d’éducation avec un Chien du Pharaon, mais plutôt d’apprivoisement.
Ce qui fonctionne avec lui, c’est avant tout :
la confiance
la cohérence
le respect
Si vous réussissez à établir ces trois éléments, il pourra être très enclin au travail et à l’écoute. En revanche, ce n’est pas un chien aussi disponible et obéissant qu’un chien de berger. Il pourra revenir vers vous… mais prendre quelques secondes supplémentaires pour terminer d’analyser une odeur particulièrement intéressante avant de revenir !
Il faut donc savoir respecter sa nature et composer avec sa personnalité.
C’est une race qui peut parfaitement convenir à différents types de familles. Le Chien du Pharaon est généralement très sociable avec ses congénères et apprécie particulièrement la vie en groupe.
Concernant les chats, il peut parfaitement apprendre à vivre avec ceux de sa propre famille, notamment lorsqu’il y est habitué dès son plus jeune âge.
En revanche, il pourra être tenté de poursuivre un chat rencontré à l’extérieur. Il ne faut jamais oublier qu’il reste avant tout un chien de chasse.
Avant tout, il faut des personnes capables de se remettre en question. Le Chien du Pharaon peut vous amener à revoir beaucoup de certitudes que vous pensiez avoir sur le chien. De manière générale, il appréciera une famille plutôt active ou sportive, capable de lui proposer de véritables moments de présence et d’activités de qualité.
Oui, mais il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’un chien très sportif. Même en appartement, ses besoins de dépenses physiques et mentales devront être respectés quotidiennement.
La solitude peut devenir problématique si elle n’a pas été travaillée suffisamment tôt et progressivement.
Environ deux heures d’activité quotidienne ne seront pas de trop. Le Chien du Pharaon est généralement toujours partant pour participer à une activité avec sa famille.
Très peu, son poil est facile à entretenir et il perd relativement peu de poils.
Je donne la priorité au caractère et à la génétique. La race étant très rare et le nombre de reproducteurs disponibles étant limité, j’essaie d’obtenir des chiots disposant de la meilleure diversité génétique possible.
Concernant le caractère, je recherche particulièrement des chiens très avenants avec l’humain et qui ne présentent pas de craintes importantes face à leur environnement.
Même si le Chien du Pharaon est considéré comme une race globalement robuste, je réalise plusieurs examens sur mes reproducteurs :
dépistage de la dysplasie des hanches et des coudes
contrôle de la luxation de la rotule
recherche des tares oculaires
examens concernant les maladies thyroïdiennes
La génétique étant une priorité dans mon travail, je réalise également des prélèvements ADN auprès d’un laboratoire américain. Ils permettent d’obtenir une cartographie génétique complète portant sur plus de 200 maladies génétiques recensées chez le chien.
Ces analyses permettent également d’obtenir des informations sur le génome complet des chiens, leur taux de consanguinité génétique ainsi que leur diversité génétique réelle.
Je commence dès le deuxième jour de vie avec la méthode ESI (stimulation olfactive précoce), qui consiste notamment à présenter différentes odeurs aux chiots entre le 2ᵉ et le 15ᵉ jour.
En parallèle, j’utilise également la méthode ENS (stimulation Neurologique Précoce) avec différentes stimulations tactiles, thermiques et posturales adaptées aux très jeunes chiots.
J’ai également la chance de disposer d’une pension canine, ce qui me permet progressivement de mettre les chiots en présence de différents profils de personnes et de chiens.
Vers l’âge de six semaines, je commence les découvertes à l’extérieur :
ville
campagne
voiture
environnements variés
nouvelles situations
L’objectif est de leur permettre de développer un niveau d’homéostasie sensorielle aussi élevé que possible, afin qu’ils puissent mieux s’adapter aux différents environnements qu’ils rencontreront au cours de leur vie.
C’est un processus assez long qui passe par de nombreuses discussions avec les familles. Je donne notamment la priorité aux personnes ayant un véritable projet avec leur chien : exposition, sport ou autres activités.
Je prends d’abord le temps d’observer et de comprendre chacun de mes chiots. Ensuite, je sélectionne les familles en fonction de leur mode de vie afin d’essayer de créer la meilleure association possible entre le chiot et sa future famille.
Une erreur fréquente consiste à être constamment avec son chiot pendant les premières semaines et à lui proposer énormément de stimulations. Puis, lorsque la routine quotidienne reprend, notamment avec le retour au travail, le changement peut devenir difficile à vivre pour le chiot. Il est donc important de préparer progressivement le chien à son futur quotidien.
Le Chien du Pharaon est également un chien qui peut être très intense dans l’expression de ses émotions.
C’est un chien très sensible.
Il risque d’ébranler certaines de vos certitudes sur le chien, mais c’est justement ce qui le rend particulièrement intéressant.
Il n’est pas seulement un chien au physique original : il possède une véritable personnalité.
Le prix est de 1 600 €
Élégant
Sensible
Attachant
Et ces trois mots résument finalement très bien cette race hors du commun.
🌐 Site internet : https://www.elevagechiendupharaon.com
📘 Facebook : https://www.facebook.com/sony.dossantosmarques
Un grand merci à Rudy Dos Santos Marques d’avoir pris le temps de partager avec nous sa passion, son expérience et son regard d’éleveur sur le Chien du Pharaon.
Merci également pour tous ces conseils qui permettront aux personnes intéressées par cette race de mieux comprendre ses qualités, mais aussi ses besoins et sa personnalité si particulière.
Le Chien du Pharaon séduit immédiatement par son élégance et son physique atypique… mais derrière son apparence se cache surtout **un chien sensible, sportif, intelligent et profondément attaché à sa famille, avec lequel la confiance doit être au cœur de la relation.
Contact : 06 74 79 19 78