Le Barzoï fascine immédiatement par son élégance, sa silhouette longiligne et son allure aristocratique. Mais derrière cette apparence majestueuse se cache un chien sensible, tenace, calme à la maison et capable de se montrer plein de vie à l’extérieur.
Pour mieux comprendre cette race particulière, j’ai souhaité donner la parole à Johanne Parent, éducatrice canine depuis 1987 et éleveuse depuis 1995 au Québec.
Après avoir consacré de nombreuses années à l’Eurasier, Johanne découvre véritablement le Barzoï en 2018 lorsque Zoya, sa première représentante de la race, entre dans sa vie. Une rencontre qui se transforme rapidement en véritable coup de cœur.
À travers cette interview, Johanne nous parle de son parcours, du caractère du Barzoï, de ses besoins, de son éducation, de son instinct de chasseur, mais aussi de son travail d’éleveuse au sein de Eurasia-Fincaribou.
Passionnée de chevaux et de chiens, je suis éducateur canin depuis 1987 et éleveuse depuis 1995. J’ai payé mes études en Techniques Équines en offrant mes services de promenade éducative de chiens, de 1987 à 1989. D’abord éleveuse d’Eurasier pendant 30 ans, c’est en 2018 que ma première Barzoï, Zoya, est entrée dans ma vie à l’âge de 8 semaines. Le chien est devenu ma plus grande passion !
Comportement, psychologie, éthologie, éducation, élevage, santé, nutrition, origine des races… bref, tout me passionne chez le chien.
Eurasia-Fincaribou
Je suis éleveuse de Barzoï.
Je m’implique aussi dans le processus de reconnaissance du Lévrier de Soie au Canada. La race est reconnue au AKC-FSS américain depuis avril 2026.
Je suis éleveuse depuis 1995. Jeune adolescente, j’avais un livre de races canines dans lequel je soulignais les races qui m’intéressaient. J’avais même un cahier dans lequel j’inscrivais les pours et les contres des races qui attiraient mon regard.
Dans les lévriers, je n’avais souligné que le Barzoï et le Saluki. Mais comme j’étais aussi attirée par les nordiques et que, jeune adulte, j’habitais Montréal dans un 4 pièces, j’avais choisi un Eurasier. En 2018, on m’a fait cadeau de Zoya, ma première Barzoï, et là mon cœur a littéralement fondu. Ça a été le coup de foudre.
De fil en aiguille, je me suis trouvé un superbe mâle et une mentor. Puis est venue une deuxième mentor qui se passionne pour le Barzoï depuis 1979.
Avec elles et une autre éleveuse, nous sommes quatre à travailler en collaboration, ce qui m’a permis de rapidement construire une base solide pour mon programme d’élevage.
Le Barzoï n’est pas qu’un chien élégant, au look aristocratique. C’est avant tout un cœur tendre, qui aime le confort et qui est toujours prêt pour aller en promenade.
À l’intérieur, il est calme et posé. À l’extérieur, il est alerte et plein de vie. J’en ai connu des chiens et des races, mais le Barzoï a un regard doux et particulier. Avec lui, tout se passe dans le regard !
Chacun a sa personnalité, souvent un peu clown et parfois « drama queen ».
Tenace. Quand il veut quelque chose, il insiste. Il est affectueux sans être pot de colle. Aucun ne me suit partout, mais dès que je m’assois sur le fauteuil ou le canapé, j’en ai toujours un qui vient demander des caresses.
La ténacité, la sensibilité, la douceur du regard, le calme et la sérénité. Mais ses qualités peuvent aussi être considérées comme des défauts selon la famille avec laquelle il vit.
Certains confondent la ténacité avec l’entêtement, la sensibilité avec la peur et le calme avec l’indépendance.
Le Barzoï est un chasseur à vue. Il faut donc rester vigilant lorsqu’il est en liberté car, s’il voit quelque chose bouger rapidement, il peut décoller en une fraction de seconde et courir vers ce qui a attiré son attention.
Si on recherche un chien de cirque qui fait 56 000 tricks ou un chien qui obéit au doigt et à l’œil dans la demi-seconde d’une commande, le Barzoï n’est pas le bon choix de race.
Quand on se donne la peine de bien choisir son éleveur, de socialiser son chiot et de créer un lien avec lui, oui, c’est une race facile à éduquer. Il lui faut un humain ouvert et compréhensif, qui ne saute pas les étapes en voulant obtenir le chien parfait en trois mois maximum.
Sans aucun problème s’ils sont socialisés en bas âge avec les enfants, les petites races de chiens et les chats. Le Barzoï ne cherche généralement pas à vouloir s’imposer aux autres chiens, peu importe la race.
Une personne ouverte, compréhensive et capable de le laisser s’épanouir à son rythme.
Oui, si les sorties quotidiennes lui sont offertes adéquatement et qu’on dispose d’un endroit sécuritaire où il peut être laissé libre et courir.
L’apprentissage de la solitude se construit, peu importe la race, dès son arrivée chez soi. Si les bases sont stables, alors oui, sans problème. Si les bases sont instables, il pourrait développer de l’anxiété de séparation.
Le Barzoï est très adaptable et, selon sa personnalité individuelle, certains demandent davantage d’exercice que d’autres. Stimuler le mental est important. Et sachez qu’un Barzoï possède un très bon flair
Tous les jeux de détection d’odeurs et les sports ratiers peuvent donc être de bonnes activités pour lui.
L’erreur que font souvent les gens est de ne pas habituer leur chiot dès l’adoption à se laisser brosser tous les jours. Le chiot a un poil court jusqu’à environ cinq mois. Entre cinq et huit mois, les bouclettes commencent à s’allonger. Si on attend l’apparition du véritable poil, vers un an, pour commencer à peigner sa culotte, on risque d’avoir davantage de difficultés. Si le chiot a été habitué dès le départ, un bon brossage par semaine chez le chien adulte est bien. Le poil s’emmêle particulièrement derrière les oreilles, à la culotte et dans les aines.
D’abord, j’explore le pedigree. Est-ce que les photos des ancêtres correspondent au type décrit dans le standard ? Ont-ils été testés pour le cœur, les yeux et la myélopathie dégénérative ? Quel est le taux de consanguinité du chien ?
Je regarde également si les ancêtres pratiquent autre chose que de la conformation, par exemple de la course au leurre, de l’obéissance ou d’autres sports.
Pour le caractère, je refuserai toute reproduction avec un chien présentant de la réactivité liée à la peur ou à l’agression.
Si j’étais en France, oui. Mais comme je suis au Québec, tous mes chiens et mes chiots sont enregistrés au Club Canin Canadien et possèdent un pedigree reconnu.
Je teste les yeux et le cœur et je m’assure que l’ADN a été testé pour la myélopathie dégénérative s’il y a lieu. Un chien issu de deux parents testés exempts n’a pas besoin d’être testé puisqu’il est non porteur du gène.
Ils sont élevés dans une pièce active, comme ma cuisine, et sont en contact avec le chat de la maison ainsi qu’avec mes autres chiens au fur et à mesure de leur développement.
Comme je vis à la campagne, je fais des sorties en voiture avec eux pour me rendre dans des lieux plus bruyants afin qu’ils puissent voir et entendre le trafic, les gens, etc.
J’utilise également différentes surfaces, formes et sons dans le quotidien pour favoriser leur développement psychomoteur.
La première étape est de remplir un questionnaire détaillé dans lequel je pose des questions pour connaître la personnalité et l’environnement du futur adoptant.
Par exemple, la présence d’un bambin ou d’une personne âgée en perte d’autonomie ne correspondra pas aux mêmes exigences qu’un couple dans la trentaine sans enfants.
Ensuite, je réalise une rencontre en visioconférence avec chacun des futurs adoptants. J’y pose des questions supplémentaires mais, surtout, je réponds à toutes leurs questions. Les gens pourront ensuite verser un dépôt lorsque les chiots seront nés, mais **le choix du chiot ne se fera que vers sept semaines.
Je choisis la personnalité qui me semble la mieux adaptée aux différentes familles, tout en tenant compte, dans la mesure du possible, de leur préférence concernant le sexe.
Pour la couleur, il y a tellement de variantes et de possibilités que j’explique que choisir une couleur est comme choisir un pyjama. Il peut être très beau mais inconfortable ! Le look peut donc ne pas correspondre, au niveau de la personnalité, aux attentes et aux besoins de l’adoptant.
Le sortir immédiatement pour des promenades et le stimuler inutilement avant qu’il ait développé un lien avec son adoptant. Quand on va trop vite et que l’on saute les étapes, on peut créer davantage de problèmes sur le long terme.
La première est de respecter son instinct naturel de chasseur à vue.
La deuxième est de comprendre que ce n’est ni un Labrador, ni un chien de berger qui pourra répéter plusieurs fois un exercice simplement pour jouer. Il trouvera cela rapidement ennuyant et prendra ses distances.
Enfin, le ton de voix constitue déjà une correction amplement suffisante. Si vous pensez dresser un Barzoï comme un chien militaire, vous n’avez certainement pas choisi la bonne race.
Il faut choisir un éleveur qui possède un but, un objectif précis, une ligne directrice et un véritable programme d’élevage. Il doit savoir pourquoi il a choisi telle femelle et tel mâle pour produire une portée. Il vise l’amélioration et peut expliquer son travail.
Il est également important de vérifier que les deux parents ont bien été testés. En Amérique du Nord, les examens des yeux et du cœur mentionnés par Johanne sont réalisés dans le cadre du système OFA par des vétérinaires spécialistes.
En France, même si le fonctionnement diffère, Johanne recommande également de demander les justificatifs des examens réalisés par les vétérinaires spécialistes. Un bon éleveur est conscient des qualités comme des défauts de chacun de ses chiens et n’hésite pas à en parler.
Enfin, le Barzoï est un grand chien qui prend de la place dans une maison. Johanne recommande de choisir un éleveur proche de ses chiots, qui les fait vivre dans la maison ou, mieux encore, dont les chiots y naissent et y grandissent.
Johanne indique vendre ses chiots 3 000 dollars canadiens, soit environ 1 865 euros selon l’équivalence qu’elle nous a communiquée lors de cette interview.
Sa réponse : Élégance – Douceur – Ténacité.
Trois mots qui résument parfaitement le portrait qu’elle nous livre tout au long de cette interview.
Je tiens à remercier chaleureusement Johanne Parent – Eurasia-Fincaribou d’avoir pris le temps de répondre avec autant de précision, de sincérité et de passion à mes questions.
Son expérience et sa connaissance du chien nous permettent de découvrir le Barzoï sous un angle beaucoup plus complet que sa seule élégance physique.
À travers ses réponses, on comprend qu’adopter un Barzoï ne consiste pas simplement à tomber sous le charme de son apparence. Il faut aussi comprendre sa sensibilité, respecter son instinct de lévrier, accepter sa manière particulière d’apprendre et construire avec lui une véritable relation.
Merci Johanne d’avoir partagé ton parcours, ton expérience d’éleveuse, ta vision de l’éducation et de la socialisation ainsi que ta passion pour cette race fascinante.
Merci encore pour ta participation, ta disponibilité et pour ce beau partage autour du Barzoï.
Site internet : https://eurasiafincaribou.com/
Page Facebook Eurasia-Fincaribou : https://www.facebook.com/eurasiakennel/
Contact : 06 74 79 19 78